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J’ai réussi quand j’ai cessé d’essayer de réussir…

par | 25/08/2017 | Lâcher prise, Le fonctionnement psychique

 

Je comprends enfin ce qu’un de mes formateurs du CRAM voulait dire par : «Profitez des vacances d’été pour ne plus penser à cette formation et vous allez voir que beaucoup de chemin se fera de lui-même dans l’inconscient pendant ce temps.»

En fait, j’avais trouvé la première année «facile» et motivante, car j’y ai rapidement observé une grosse évolution en moi. Les deux années suivantes, je me sentais plutôt frustrée, car je ne parvenais pas à obtenir des résultats aussi spectaculaires.

Aujourd’hui je réalise que deux choses sont en jeu dans ce que j’observe : premièrement le principe des 80-20 semble s’appliquer ici. Deuxièmement, je me fou tellement plus la paix depuis que j’ai terminé cette formation.

Je trouve cette réflexion importante et utile, car je saisis maintenant mieux pourquoi ils nous cassaient les oreilles au CRAM avec le concept du respect du rythme !

Le respect du rythme. Que c’est ça ?

Respecter le rythme, c’est simplement de respecter le fait que chaque personne va avancer selon ses capacités, ses ressources et ses besoins à elle, que c’est donc un non sens de juger négativement l’évolution d’une autre personne ou de soi-même. Nous faisons de notre mieux, peu importe qu’on sache ou non pourquoi on ne réussi pas aussi bien une chose que ce que l’on souhaiterait.

Par exemple, on peut se juger «paresseux» de ne pas faire plus souvent ce qu’on devrait être en train de faire. Mais pourquoi ne le fait-on pas? Est-ce parce qu’au fond on a peur de ne pas réussir cette chose? Est-ce parce qu’on n’a concrètement pas l’énergie, qu’on n’a pas la santé physique ou mentale pour y arriver?

Si c’est cela, alors c’est qu’il y a plusieurs autres étapes de choses à faire qui devraient être faites avant, afin de récupérer notre santé, et ensuite on pourra revenir à cette première chose que nous n’arrivions pas à faire.

La procrastination est un comportement comme un autre. Ça n’apporte rien de constructif de le juger, alors qu’il peut devenir un indice pour soi-même – et vers soi-même! – pour enfin identifier un besoin qui essaie de nous crier «FAMINE!» dans les oreilles, mais qu’on entendait pas autrement.

Pour conclure, le respect du rythme c’est de se donner le temps nécessaire pour atteindre nos objectifs sans se juger et s’auto-tapper dessus au passage. Poursuivons avec un piège fatiguant de la vie, qui devient trop souvent un obstacle contre le respect du rythme : la comparaison !

La comparaison : un poison du quotidien

Que nous soyons une personne cartésienne, artistique ou pragmatique, nous sommes tous à la fois un peu de tout ça, mais surtout de ci ou de ça. Nous avons chacun notre pourcentage de chaque caractéristique humaine existante et c’est ces différences individuelles qui rendent chacun unique.

Je pense que cette unicité est superbe et je trouve incroyable que la nature puisse faire en sorte qu’il n’y ait pas un flocon de neige identique à un autre, aucune empreinte digitale 100% identique à une autre, aucune fleur parfaitement pareille aux autres… Vous avez compris où je veux en venir.

Cette singularité dans toute chose est un exemple magnifique qui montre bien pourquoi c’est malsain de se comparer les uns aux autres. Combien de personne ont souffert et souffrent encore de ce réflexe handicapant qu’on adopte tous malgré nous à force de se faire comparer tout au long de notre enfance et de notre adolescence ?

Qu’on se voit comme «moins bon» ou «meilleur» qu’un autre, on attrape tous l’habitude de mesurer notre valeur personnelle selon les autres, alors que nous sommes tous valables et beaux sans rien faire, puisque la beauté d’un ÊTRE humain réside dans ce qu’il EST et non dans ce qu’il FAIT. C’est un non sens qui pollue notre quotidien sans qu’on le remarque, tellement notre vie est trop habitée par ce phénomène.

Une fois qu’on réalise ça, ne devient-il pas évident qu’il serait préférable de créer un nouveau mouvement vers une programmation plus agréable de vivre nos différences ?

Puisque nous sommes différents, cessons donc de juger un rythme comme «lent», simplement parce qu’on trouve que notre voisin lui est «vite» dans la même chose qu’on est en train de comparer. Si c’est le cas, alors c’est qu’on est plus vite que lui sur un autre plan de toutes façons…

Tiens, tiens, que c’est drôle ça! Venez-vous de remarquer la bourde que je viens d’écrire?

Quand j’écris «Si c’est le cas, alors c’est qu’on est plus vite que lui sur un autre plan de toutes façons», en fait je suis en train de donner du pouvoir au réflexe de comparer, car comme vous voyez, je viens de, malgré moi, en cette seconde où je vous écris chers lecteurs, d’appliquer une nouvelle fois ce vieux phénomène que je suis en train de dénoncer, car il est encore bien ancré en moi.

Ce qui va mieux pour moi aujourd’hui, c’est que je l’observe rapidement et qu’une fois qu’il est conscient, je peux choisir consciemment de cesser de lui donner du pouvoir. Ici je vais lui enlever son pouvoir en vous expliquant qu’en fait, que nous soyons OU NON plus vites sur certains plans que les autres, et bien tout cela c’est du «FAIRE». Cela ne concerne simplement pas notre valeur. Nous n’avons pas à nous demander d’être plus vite que les autres. Nous devons plutôt nous demander de trouver comment nous serions plus heureux et satisfaits de nous-même et de notre vie, point à barre! Qu’en pensez-vous?

Toi – Oui, mais Steph, pour que je sois heureux moi, j’ai besoin de sentir que je suis bon!
Moi – Ok, pourquoi tu as ce besoin ?
Toi – Euh,… je sais tu moi? C’est toi la thérapeute, non?
Moi – C’est vrai, mais je ne suis pas devin. Je peux juste te proposer une piste de réflexion pour que tu investigues si ça résonne avec ta vie ou pas, ok?
Toi – Ok!

Voici ma piste: quand on grandit, on a besoin de sentir que les personnes qui prennent soin de nous – ou enfin, qui sont censés prendre soin de nous – nous aiment. C’est comme ça. Faut d’abord être aimé de l’extérieur pour apprendre à s’aimer. Vous me suivez?

Le hic, c’est que ces personnes vont nous sourire, nous serrer dans leur bras, nous montrer leur approbation lorsque nous accomplissons une chose qui comble leurs attentes envers nous – donc on va enregistrer inconsciemment qu’ils nous aiment quand on FAIT quelque chose qui leur a plus… Voyez-vous le bug? Ils sont censés nous aimer inconditionnellement, mais nous nous sentons aimés plutôt quant on fait ce qu’ils désirent que nous fassions. Cela devient vite une game malsaine.

Donc ça résume d’où nous vient ce besoin de se sentir bon. Maintenant pourquoi une fois adulte on a encore besoin de se sentir bon? Parce qu’en grandissant avec cette gamique-là dans notre quotidien, notre psychisme va essayer de deviner comment on peut avoir plus de sourire, de câlins et de bravo, pour nourrir notre besoin de se sentir aimés et aimable.

En adoptant ce réflexe intérieur, on finit par enregistrer que «pour être digne d’amour, il faut bien faire», donc «il faut être bon dans ce qu’on fait, sinon nous ne valons rien». Abra-ca-da-bra, boo-boo! Magie : voici comment l’impression d’avoir le besoin de se sentir bon est apparu en nous. Voilà pourquoi une fois adulte, nous devenons ce parent exigeant qui nous aime uniquement quand on fait quelque chose de bien, nous-mêmes envers nous-mêmes.

Un obstacle à trouver la paix

Le piège à ce stade d’éveil par rapport à ces mécanismes, serait de se mettre en colère contre ces méchants parents pas fins, qui nous ont rendus ainsi. L’affaire c’est que premièrement, ils n’ont généralement jamais eu l’intention de faire ça. Ils voulaient simplement – et très maladroitement – nous montrer comment réussir notre vie, car ils veulent vraiment notre bonheur. Comme dit une de mes enseignantes en psychologie à l’UQAM : «La route vers l’enfer est pavée de bonnes intentions !»

Deuxièmement, même si nous vivions dans un monde de licornes et que nous parvenions à faire voir «ces gaffes» à nos parents, qu’ils se mettraient à changer et deviendraient aujourd’hui les parents idéaux… Euh, et bien, il est comme trop tard, chers lecteurs. Une fois adulte, vos parents ne pourrons pas vous reprogrammer autrement aujourd’hui.

Aujourd’hui, ce mandat là, il est entre VOS mains à vous. Au même titre que vous avez un parent intérieur qui vous gronde dans votre tête, vous devez maintenant créer un parent gentil et bienveillant qui prend votre défense et ferme la trappe de l’autre parent pas fin dans votre tête.

Le plus beau dans ça, savez-vous ce que c’est? Et bien, pour y parvenir, ça va vous demander beaucoup de quoi…? BINGO! Beaucoup de respect de votre rythme, car comment développer ce parent intérieur gentil si vous ne vous laisser pas le temps de le faire apparaître ?

Je vous dis ça avec le coeur rempli de compassion pour la possible frustration que vous pourriez être en train de vivre en lisant ces mots, parce que vous souhaiteriez pouvoir changer cela d’un coup de baguette magique, alors que la réalité, c’est que c’est loin d’être aussi magique et rapide à faire qu’à dire. Je me rappelle combien je n’étais pas patiente envers moi-même au début de ce chemin-là. Je ne l’étais pas parce que ça me faisait mal d’être coincée avec ce juge intérieur méchant. Évidemment que je voulais l’avoir créé TOUT DE SUITE dans ma tête ce parent intérieur qui viendrait me protéger contre ce méchant juge.

Aye, Steph, t’as oublié d’expliquer le principe des 80-20 !

«Le principe de Pareto, aussi appelé loi des 80-20, est un phénomène empirique constaté dans certains domaines : environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes.»1 Appliqué dans ma prise de conscience personnelle, je constate que 80% de mon évolution a pris 20% de mon temps de formation au CRAM à se produire et que le 20% du travail sur moi qu’il me reste à faire risque de me prendre 80% de mon temps de vie en entier pour y parvenir.

Bon, c’est un portrait très grossier, et il y aurait matière à nuancer certains points selon les plans de ma vie (plan personnel, plan professionnel, etc.), mais c’est simplement que je trouvais fascinant de constater ce principe dans ma propre vie.

Ce que je veux vraiment vous montrer, c’est le paradoxe suivant : ce n’est que lorsqu’on cesse de s’exiger de changer, qu’on change vraiment. Cela fait maintenant plus d’un an que j’ai terminé cette formation pour devenir thérapeute et je suis surprise de voir que beaucoup de chemin s’est fait quand j’ai cessé d’essayer de le faire.

En m’arrêtant pour chercher pourquoi, je me suis rendue compte d’une chose : depuis que je n’ai plus de «compte à rendre», je me fiche beaucoup plus la paix. Je suis mille fois moins souvent en train de me surveiller, donc je me tappe moins dessus. Plein de changements que j’avais mis en place durant ma formation ont pu continuer de se mettre en pratique, mais je ne me tape plus systématiquement dessus aussitôt que je n’y parviens pas.

Je vous demanderais de relire ce que je viens d’écrire : «je ne me tape plus systématiquement dessus aussitôt que je n’y parviens pas.» N’est-ce pas du respect de mon rythme en barre ça ou pas? Magie! C’est donc quand j’ai cessé d’essayer de réussir que j’ai réussi ce que je voulais réussir : être enfin plus bienveillante envers moi-même !

Je trouve important de préciser que les exigences de la formation au CRAM n’aivaient rien de nocif, malsain ou méchant. C’est simplement moi qui a toujours eu un soucis de performance et un parent intérieur extrêmement exigeant. Donc si on me demande de m’améliorer, moi je me demande d’être parfaite, rien de moins!

Je vous partage tout cela, car je pense que beaucoup de personne peuvent se reconnaître dans ce que je décris. Je souhaite donc que cette prise de conscience que j’ai faite puisse apporter des idées de chemins plus satisfaisants aux autres.

Je vous souhaite donc de vous foutre la paix et d’accéder au bonheur! Bon week-end à tous!

 

1 https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Principe_de_Pareto 

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