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Les pervers narcissiques… ces horribles démons !

par | 10/08/2017 | Les troubles de la personnalité

Une personne m’a récemment proposé d’écrire sur les pervers narcissiques. Au cours de mes recherches, j’ai été très dérangée par la saveur de la majorité des articles qui portaient sur «ces méchants démons qui polluent la vie de leurs pauvres victimes» un peu partout sur le Web…

Je dois d’abord préciser que je n’ai absolument aucun problème avec le fait que des victimes ou des ex-victimes aillent des grosses remontrances à leur faire. Ça c’est simplement le processus normal de leur colère et autres émotions souffrantes qui ont besoin de sortir et d’être entendues.

J’ai par contre un sérieux problème lorsqu’il s’agit d’un outil – que ce soit un livre, un site Web ou un article – qui se prétend être psychologique et sérieux et qui sont supposés être dédiés auxdites victimes et/ou futures victimes potentielles, afin de les guider pour éviter de se faire attrapper par ces méchants bourreaux…

Là, là, faut qu’on jase la gang. Ces méchants tyrans sont en fait des personnes malades qui souffrent les premiers – et encore plus que nous – de leur maladie. Ils sont prisonniers d’un mélange entre une mauvaise histoire d’enfance, des débalancements biochimiques dans leur corps et leur identité profondément fracturée qui n’a pas pu grandir avec de meilleurs outils que celui de la manipulation.

Je vous demanderais de vous arrêter un dix secondes pour prendre le temps de vous imaginer être né(e) dans leurs souliers, s’il-vous-plaît. Ceux et celles qui ont déjà eu une dépression peuvent comprendre de quoi je parle. Je parle d’un niveau de souffrance qui est devenu hors de contrôle et qui nécessite une aide extérieure pour remettre de l’ordre dans les pensées et dans la chimie du cerveau.

Derrière la méchanceté, la souffrance.

Il s’agit d’un trouble qui touche l’identité. Ça mange quoi ça en hiver ? Bien ça veut dire que l’identité de la personne (le fameux Moi de Freud) est brisée et souffrante. C’est comme une deuxième peau (en dessous la peau faite de chaire), mais dans le cas des personnes qui ont un trouble de personnalité narcissique, leur couche d’épiderme de surface qui devrait les protéger est absente. Bref ils sont à vif, pas de carapace. Leur seule défense c’est de mettre toutes leurs énergies à essayer de faire en sorte d’être aimé de tout le monde et d’éviter toute forme de «pas correcte».

Quand on  saisit ça, on comprend tu pourquoi ils se démènent ainsi? Imaginez une seconde que c’est vous qui êtes ainsi psychiquement donc PHYSIQUEMENT incapables de tolérer la moindre forme d’attaque, car la menace intérieure (je parle de la conviction profonde de ne pas être digne d’amour) que cela déclenche est trop forte pour garder le contrôle sur vous-mêmes et que c’est votre psychisme qui prend les commandes à partir de ce moment? Freakant, non? Épuisant rare en plus.

Après cette réflexion, les voyez-vous toujours comme menaçants ? Moi non, au contraire, j’ai beaucoup de compassion pour ces personnes (oui, oui, des personnes, mes amis). Finalement ce sont des personnes souffrantes, ces vilains démons, et nous gagnerions tous à ne pas prendre leurs comportements et réactions de manière personnelle. Essayons plutôt de ressentir du plus profond de nous-mêmes qu’ils font ça parce qu’ils ne sont pas bien du tout, mais qu’ils sont pris avec eux-mêmes et leur mal. De toutes manières, quand ils disent des âneries, c’est d’eux-mêmes qu’ils parlent. Ce phénomène s’appelle la *projection.

Sont-ils agréables à côtoyer ? Pas pantoute ! Est-ce que vous pouvez les aider? Les aider oui, les guérir non. Cela demande plusieurs heures de psychothérapie sur une longue période de temps et en plus, il faut qu’ils y mettent du leur pour vraiment parler de guérison, donc ce n’est pas gagné d’avance. Par contre, cesser de jouer leurs jeux inutiles de qui est coupable de quoi, pour plutôt tenter de leur offrir toute la compassion dont vous êtes capables, ferait déjà ça de gagner.

Tu peux pas comprendre, tu ne l’as jamais vécu.

J’entends d’ici des réactions à ce que j’écris dans ce billet : «Tu peux pas comprendre, tu ne l’as jamais vécu ! » Eh, bien oui, détrompez-vous. Je l’ai vécu en vérité. J’ai habité plusieurs années avec un conjoint qui avait clairement un trouble de la personnalité, soit limite, soit narcissique, soit les deux. Je niaise en disant les deux, car les diagnostiques se font en fonction de la dominance qui ressort des tests, mais tous les troubles de la personnalité ont plusieurs similarités et il est parfois difficile de déterminer lequel est vraiment le plus dominant.

Mais bon, ça ce n’est pas important. Ce qui est important c’est que ces maladies mentales existent et qu’elles ont des conséquences douloureuses autant pour ceux qui en sont atteints, que pour ceux qui les côtoient.

Donc oui, j’ai connu les ravages des attaques détournées et subtiles. J’ai connu la confusion profonde dans laquelle on plonge à force de se faire dire constamment des choses contraires, pour ensuite se faire dire que c’est notre mémoire à nous qui est en faute. Ce qui m’a permise de m’ouvrir les yeux a été lorsqu’une intervenante du centre communautaire que je fréquentais (justement parce que je n’allais vraiment plus bien), m’a demandé si je me rappelais lui avoir dit certaines choses la semaine précédente et que non, je ne m’en rappelais pas. Elle m’a alors déclaré : «Stéphanie, je suis inquiète pour toi. Tu commences à avoir beaucoup de symptômes qui correspondent au syndrome de la femme battue ! »

Cette affirmation m’a profondément secouée.  Moi ça ? Impossible voyons donc! J’ai bien trop de caractère. Je ne me laisserais jamais violentée physiquement. Mais il n’était pas question de violence physique non plus, mais de manipulation subtile à haute fréquence et sur une très longue période. J’en avais donc perdu mes repères intérieurs. Je n’avais plus du tout de confiance en moi, ni en mon jugement. J’ai donc eu besoin qu’une personne compétente me fasse voir ce que je n’étais plus en mesure de détecter seule. Ensuite, ma grosse caboche de cochon a fait le reste du chemin pour me reconstruire.

Mais cela ne change absolument rien à ce que je sais; c’était ma «faute». Oui, oui, vous m’avez bien lu. Pourquoi ai-je été attirée par cet homme? Pourquoi ses flatteries avaient autant d’impact sur moi? Pourquoi je n’ai pas écouté chaque petit malaise subtile que j’ai eu en sa présence dès les premières rencontres? Parce que je manquais beaucoup de confiance en moi et que j’avais mes propres bibittes d’enfance à régler comme plein de monde.

Et vous savez quoi? C’est justement cette rencontre qui m’a permise d’aller nettoyer mon enfance en thérapie. Ce conjoint est venu rajouter de l’huile sur un feu qui était déjà ardant bien avant son arrivée dans ma vie. Je ne peux pas le rendre responsable de ma propre fragilité. Ce n’était pas à lui à me ménager. C’était à moi à m’écouter, me respecter et me faire confiance.

Où je veux en venir? Je ne crois pas que ce soit aidant de se voir comme la victime d’autrui, car quand on est dans cet état d’esprit, on perd de vue que nous sommes fort à l’intérieur et que c’est notre propre rôle de prendre notre mieux être en charge. Nous perdons de vue notre pouvoir de changer les choses (partir, par exemple).

Bien sûr, on a tous besoin d’aller chercher de l’aide à l’extérieur pour y arriver, mais comme le dit si bien Colette Portelance, fondatrice de l’ANDC : «Être responsable et autonome, c’est avant tout de reconnaître que nous sommes des êtres de relation et que nous avons besoin des autres.»

Aider ces fous furieux? Mais comment?

Avant de terminer, il est important que je précise deux choses. Premièrement, définir ce que j’entends par les mots « les aider », car pour moi aider versus chercher à guérir une personne sont deux mandats complètement différents. Le second est une prise en charge, un contrat que seul un psychothérapeute peut assumer et même encore. Comme je le disais dans l’article, il faut que le patient y mette du sien pour voir un résultat.

Mais je reste convaincue que l’aide de monsieur tout le monde, ça ne peut pas nuir. Imaginez un monde inclusif où tout le monde y met du sien dans «vivre et laisser vivre». Simplement de ne pas chercher à rejeter ces personnes et de ne pas embarquer dans un pattern* relationnel comme celui du juge et du coupable. Ça peut sembler trop simpliste, mais imaginez que ces personnes soient juste trop habituées que absolument tout le monde embarque dans leurs obstinations interminables, sans jamais être en mesure de juste leur répondre : «Je vois que ça te fait vraiment réagir ce que j’ai dit.» Point à bord.

Ce petit geste peut sembler anodin, mais pour avoir vécu l’impact de se faire ramener à soi à maintes reprises durant ma formation au CRAM (Centre de Relation d’Aide de Montréal), voir que l’autre se rend compte qu’on ne sent pas bien, qu’on est en train de réagir et que plutôt de rajouter de l’huile sur le feu, il semble plutôt se préoccuper de nous au contraire, au début ça fait bizarre. Mais après une couple de fois, ça te fait vraiment travailler sur toi.

On est trop habitués de se faire lancer des roches et d’avoir à se défendre, alors quand quelqu’un comprend que la situation réveille une alarme interne qui crie «Menace! Menace! Menace!..» et ne fait que nous dire une phrase emphatique comme «je saisis que tu ne feel vraiment pas en ce moment!», déstabilise et permet tranquillement de refaire (ou dans le cas concret d’une personne avec un trouble de la personnalité, de faire pour la première fois) le chemin vers l’amour réel de soi.

Maintenant que le comment leur apporter de l’aide (et non pas chercher à guérir/changer) est mieux défini, il me reste à préciser à qui je m’adresse en disant cela. Je ne parle SURTOUT pas de conjoint(e), en effet, ni de d’autres type de victimes (enfants, membre de la famille, etc.).

Rendu là, la proximité de la relation est rendue trop fusionnelle pour être en mesure d’apporter la moindre aide. Ce niveau d’intimité empêche d’être suffisamment détaché pour pouvoir rester lucide et objectif par rapport aux comportements de l’autre. En plus, une personne qui est «devenue une victime» a plutôt besoin de prendre ses jambes à son cou, afin de penser à elle-même d’abord et de garder son énergie pour se reconstruire elle-même.

Selon l’Agence de Santé Publique du Canada «aux États Unis, de 6 % à 9 % de la population souffre d’un trouble de la personnalité.» De plus, ces données sont certainement inférieures à la réalité, car dans leurs statistiques «de nombreuses personnes ne sont jamais diagnostiquées ni traitées.»1 Ça, ça veut dire que plus d’une personne sur dix souffre d’un des troubles de la personnalité. C’EST ÉNORME ! Alors ne restons pas victimes de ces personnes et cessons les gué guerres avec elles. Apprenons plutôt à vivre parmi, mais surtout AVEC elles! Pourquoi pas les aider à s’en sortir autant que faire se peut? Qu’en pensez-vous?

* Article à venir sur ce sujet.

 1 https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/rapports-publications/rapport-maladies-mentales-canada/troubles-personnalite.html 

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